A la poste et à la transmission de messages sont associés deux formes d'art : l'art postal et le mail-art.

Pour le premier, l'envoi postal est un thème, mais l'œuvre ne passe pas par la poste. Il s'agit d'enveloppes décorées ou calligraphiées avec beaucoup de soins, de collages, de tableaux réalisés à partir de timbres découpés…

Le mail-art s'appuie, lui, sur l'envoi postal. Pour les artistes du mail-art, la poste est vecteur de communication. Et celle-ci prend les formes les plus inattendues, anecdotiques comme le classique envoi d'un sous bock ou de feuilles d'arbre timbrées ou plus élaborées avec la création de ses propres timbres ou de ses propres oblitérations.

Même si les surréalistes ont utilisé le système postal pour véhiculer leurs créations artistiques, le mail-art est apparu "officiellement" en 1962 avec la création de la "New York correspondance school of art" par Ray Johnson.

C'est l'exposition "Coup d'envois" au musée de la Poste à Paris en 1989 qui donna au mail-art et à l'art postal leurs lettres de noblesse en France et, par-là même, révéla au grand public et aux philatélistes une autre façon d'utiliser la poste et le timbre. D'autres expositions suivront et notamment "Timbres d'artistes" à Toulon en mai 1990.

Le musée du Timbre du Luc a toujours accordé une grande place au Mail art, notamment en exposant pendant plusieurs années les "fabrications" de Dominique Benracassa. Depuis les années quatre-vingt, celui-ci crée ses propres timbres événements : pour la mort de Gainsbourg ou la chute du mur de Berlin comme pour la première dent de Léa sa fille. Il remplace aussi parfois le timbre par des ersatz les plus fous, de la coquille d'œuf au chewing-gum.