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Cercle d'histoire postale |
| Conférences présentées lors des "entretiens du musée" ou de la journée annuelle du cercle d'histoire postale.
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Les "entretiens du musée" (mai 2008)
Le 10 c Guillaume Tell Fabien Barnier nous a parlé du timbre au type « Buste de Tell » en commençant par le concours de 1901/1902 destiné à changer le graphisme des figurines suisses jusque là représentées par l’allégorie de la patrie. De nombreux artistes participent à ce concours et le projet retenu est celui de Richard Kissling (basé sur le monument d'Altorf) et gravé par Jean Springer. Il ne paraîtra qu'en 1914.... Fabien Barnier a présenté divers essais, ainsi que la carte référendum pour le choix du timbre. Le 10 c rouge, objet de cette communication, est le premier timbre de la série. Il a été émis en juillet 1914 en typographie à plat sur papier légèrement teinté avec filigrane et fils de soie. Suite à un accident technique (par manque de dureté du cliché original), un second cliché du être réalisé, d’où l’existence de deux types. La validité de ce timbre s’étendra jusqu’au 31.12.1942. Parmi les pièces de référence commentées : un bloc de quatre du 10 c type 1 avec oblitération centrale dans les années 1930, le bon à tirer du 31 .12.1913, des essais de couleurs, de coloration de papier, de teinte de fond. Puis Fabien Barnier présentait quelques pièces de sa collection affranchies par le 10 c « Buste de Tell » seul ou en multiples, dont des cartes pour l’étranger, des lettres dans le rayon local, des recommandés, des variétés, des surchargés, des pièces extraites de carnets mixtes, des lettres exprès, une carte des mines de charbon acheminée par un transport privé de la mine au premier bureau de poste, des échantillons, une carte de la Fête nationale faisant partie des surplus annulée et affranchie à 10 c, des utilisations par les militaires avec annulation de bataillon... On relevait encore une lettre avec griffe « désinfecté » suite à une épidémie de fièvre aphteuse en 1920, une lettre avec timbres hors validité et donc taxée, une lettre exprès affranchie 30 c et taxée 30 c en 1919 (30 c correspond à la taxe d’exprès en zone 1, elle était donc déjà insuffisamment affranchie de 10 c, de plus, elle était destinée à la zone 2 d’où un supplément de 20 c), un recommandé affranchie par 3 x 10 c (hors rayon local), une lettre avec 4 x 10 c au deuxième échelon pour Magellan, un recommandé affranchie par 5 x 10 c, des entiers postaux dont des repiqués, des perforés, des surchargés, des timbrés sur commande, des entiers découpés et taxés, des cartes réponse venant du Dahomey, par exprès d’Allemagne, des enveloppes TSC des Postes ou d’entreprises privées… entre autre.
La taxation des cartes postales dans le régime international La présentation de Jérôme Castanet, basée sur les travaux de Robert Abensur, s’articulait sur quatre périodes : avant l’Union postale, hors Union postale, l’Union Générale des Postes (du 1.1.1876 au 31.03.1879) et l’Union Postale Universelle (à partir du 1.04.1879). Avant l’Union postale, les cartes postales n’étaient pas reconnues dans le régime international et étaient considérées comme des lettres ordinaires (sauf accords particuliers entre deux pays). Jérôme Castanet présentait une carte Suisse - France affranchie à 10 c et taxée 40 c (considérée en Suisse comme lettre insuffisamment affranchie soit 50 c – 10 c d’affranchisse-ment = 40 c). Hors Union postale mais pendant la période de l'Union Postale et jusqu'en 1892, les cartes n'étaient pas reconnues mais devaient être affranchies comme lettre. Si elles étaient insuffisamment ou non affranchies, elles n'étaient pas transmissibles. Présentation d’une carte de 1891 du Brésil pour la Nouvelle-Zélande, pas transmise (griffe non transmissible) parce que postée juste avant l’admission de la Nouvelle Zélande à l’Union postale, mais acheminée après l’adhésion. Entier postal 10 c Sage de France pour l’Afghanistan en 1892 avec tàd de Chakrata en Indes (peut-être entrée par passeur). Après 1892, application de conventions par les pays hors Union postale avec une carte postale d’Afrique centrale britannique pour l’Allemagne. Dans le cadre de l’Union générale des Postes (1er janvier 1876), les cartes postales insuffisamment affranchies ne doivent pas être acceptées. Montrée en exemple une carte de septembre 1878 de France envoyée à tort en Belgique avec griffe « insuffisamment affranchie » et retournée par la Poste belge. Il arrivait cependant qu'elles soient taxées comme lettre : présentation d'une carte postale affranchie 15 c au lieu de 20 c pour les Etats-Unis, acceptée par erreur et taxée 7 cents aux USA équivalents à 35 c soit 50 c moins l'affranchissement (1 cent = 5 c). Dans la période de l’UPU, les cartes insuffisamment affranchies mais respectant la réglementation sur les cartes postales sont taxées au double de l'insuffisance. En exemple une carte postale d’Autriche à 2 kr au lieu de 5 kr taxée 15 c (double de l’insuffisance) ; une carte postale France – Serbie avec mention rayée et remplacée par imprimés affranchie à 5 c taxée 10 c (tolérance non acceptée) ; carte postale sous bande affranchie 1 c taxée 10 c en Suisse ; entier belge à 5 c complété avec une découpure d’entier à 5 c taxé 10 c en France… Avant 1899, les cartes non affranchies sont taxées comme lettres : entier de Monaco posté à Nice en 1899 taxé 40 pfn en Allemagne (considérée comme non affranche). Après 1899, le principe du double de l'insuffisance s'applique aux cartes postales non affranchies : carte postale affranchie 2 x 5 c semeuse camée postée en Suisse (TP nuls) taxée au double de l’insuffisance… Les cartes ne respectant pas la réglementation sont taxées comme lettres : une carte postale panoramique affranchie par un 10 c Mouchon et taxée 30 c en Belgique ; une carte postale avec grains de mica collés affranchie 2 x 5 c Sage et taxée 30 c en Belgique… Avant 1907, les cartes postales affranchies au recto étaient taxées comme lettres avec pour exemples une carte du Maroc affranchie au dos taxée 30 c en Belgique, une carte de Tunisie affranchie 15 c taxée 20 c en Belgique, idem en 1936 avec une carte du Luxembourg pour la France affranchie au dos et taxée 1,50 F. Autre cas de taxation comme lettres : les cartes à recto divisé admises seulement en 1907 donc taxée entre 1904 et 1907 avec une carte de France pour les USA affranchie 10 c et taxée 6 cents ; les étiquettes autres que celles comportant la raison sociale et l’adresse avant 1907 avec une carte affranchie 2 x 5 c Sage et taxée 30 c en Belgique parce que comportant une vignette d’exposition ; les photos collées avec une carte postale d’Italie affranchie 10 c et taxée 30 c en Belgique ; l’absence des mentions réglementaires avec une « souvenir card » des USA affranchie 2 cents et taxée 30 c en Italie. Enfin une curiosité : une erreur de la poste suisse ! avec une carte postale de Grande-Bretagne affranchie au tarif imprimé avec TP anglais oblitéré par tàd d’entrée à Granville réexpédiée en Suisse où le postier a d’abord taxé 10 c (différence entre tarif imprimé et tarif CP), puis a taxé 20 c considérant que le timbre anglais n’était pas valable puisque oblitéré par tàd français. Pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet, lire les articles de Robert Abensur, publiés dans les documents philatéliques.
Le service postal dans la région de Toulon entre 1792 et 1796 Alain Trinquier présentait d’abord la situation en 1792. Il y avait des bureaux à Toulon (lettre de 1792 – "78 Toulon"), Ollioules (lettre de septembre 1792 – "78 Ollioules"), Le Beausset (lettre pour Reims du 20 février 1792 – "78 Le Beausset" en rouge avec taxe 13 en rose apposée à Paris) et Hyères (marque "78/Hières" de 1792 sur lettre de septembre 1796). Il y avait deux routes de postes : celle d’Aix à Antibes puis l’Italie et celle par Marseille au Luc par Toulon ; Hyères était desservie par des messagères. En juillet 1792 est ouvert le bureau de Cuers (lettre du 5 août 1793 – "78 Cuers"). Au plan historique : le 13 juillet 1793 les Fédéralistes prennent Toulon, le 24 août rébellion royaliste à Toulon qui livre les forts de la ville aux Anglais, 28 août la flotte anglaise entre en rade, mi-septembre bouclage de Toulon, 19 décembre les troupes républicaines entrent dans Toulon. Suite à ces événements, le 4 nivôse an II de la République « le nom infâme de Toulon » est supprimé et la ville portera le nom de Port de la Montagne. Nom que Toulon conservera pendant 16 mois, ainsi les Toulonnais se coucheront le 16 avril 1795 à Port de la Montagne pour se réveiller le 17 à Toulon. Au plan postal, durant le siège de Toulon, les relations postales avec Toulon sont interrompues, le relais de la Poste aux chevaux de Toulon étant fermé, un relais est ouvert à Solliès entre le 10 et le 20 septembre 1793. Le siège est conduit par l’Armée révolutionnaire du Midi crée le 4 septembre et dissoute le 28 décembre 1793 pour être affectée à l’Armée d’Italie. Cette armée disposera d’une marque au tampon "Armée révolutionnaire du Midi". L’Armée d’Italie séjournera à Toulon en 1794 (marque "2e div. / Armée d’Italie"). Etaient présentées une lettre "78 Toulon" du 3 août 1793, une lettre "78 Port de la Montagne" du 27 avril 1794, une lettre "P.78 P. / Port de la Montagne" du 14 août 1794, un "78 Port de la Montagne" en déboursé sur lettre du 26 décembre 1794, une lettre du 26 juillet 1794 pour La Valette avec "78 Port de la Montagne" au dos en marque de transit. A noter que pendant cette période « infâme » la marque "VDMP Toulon" (Voie de mer par Toulon) a continué à servir sans être modifiée. Le bureau d’Ollioules était fermé en décembre 1794 (lettre avec mention manuscrite "Ollioules" et marque au tampon "Port de la Montagne" du 20 juillet 1794) et sera rouvert entre août et septembre 1794 et il disposera d’une marque au tampon "78 Ollioule" sans s (lettre du 26 octobre 1795 – "P. 78 P. Ollioule"). Dans la partie est de Toulon, Hyères est pris par les Royalistes le 28 août 1793, aussi le 24 septembre le district est transféré à Solliès et le 20 février 1794 c’est le bureau de la poste aux lettres qui est transféré lui aussi à Solliès ("78 Solliers" manuscrit du 19 février au 23 mars 1793, puis marque au tampon "78 Solliers"). Le 2 octobre 1794 le bureau de Cuers est transféré à Hyères (lettre du 28 octobre 1794 écrite à Hyères pour Cuers marque "Solliers", lettre du 4 février 1795 avec marque "78 Hyères" de 1792, lettre du 30 mars 1795 avec nouvelle marque "78 Hyères" utilisée entre mars et mai 1795 et qui reprendra du service jusqu’en 1814). Le 16 octobre 1796, c’est le bureau de Solliès qui est supprimé et transféré à Cuers (lettre de 1798 – nouvelle marque "78 Cuers"). Ainsi fin 1796, la situation est redevenue comme en 1792.
Journée 2007 du Cercle d'histoire postale
L'émission non dentelée de l'Empire 1853/1860 - sélection de lettres dans le régime intérieur La journée 2007 du Cercle d'histoire postale s'est déroulée le samedi 15 décembre avec une conférence de Jean-Pierre Magne sur "L'émission non dentelée de l'Empire 1853-1860 - sélection de lettres dans le régime intérieur". Quelques 150 pièces étaient présentées pour étayer l’exposé s’articulant en six chapitres : les tarifs du 1er juillet 1850, du 1er juillet 1854 et du 1er janvier 1862, le port local, les correspondances de Paris pour Paris et les objets à prix réduits. Du tarif du 1er juillet 1850 on retiendra, entre autres, des 25 c avec tàd type 12, avec cursive, avec tàd 22 et tàd de direction, un dernier jour de tarif (30 juin 1854), un affranchissement frauduleux avec mention « taxé pour timbre altéré » accompagné du dossier de saisie, une paire de 10 c et taxe 05 en avril 1854 ; pour le 2e échelon de poids : une paire de 25 c avec cursive, un mixte 10 c Empire et 40 c Cérès, un 25 c insuffisant pour le 2e échelon de poids avec taxe 25 double trait ; pour le 3e échelon : un 1 F sur lettre du 13 octobre 1853, un 1 F bord de feuille, un 1 F oblitéré en Algérie le 30 juin 1854 (dernier jour tarif), un bloc de quatre du 25 c, une découpure de catalogue avec 8 x 10 c Présidence et 2 x 10 c Empire, un affranchissement 2 x 25 c taxé 5 (décimes) au tampon. On notait aussi une lettre du 1er échelon affranchie par un 1 F frauduleux et taxé 25 c (avec dossier), une lettre de 100 à 200 grammes affranchie par une paire du 1 F. A cela s’ajoutaient des recommandés : 2 x 25 c pour le 1er échelon recommandé, 3 x 25 c pour le 2e échelon (double port = 2 x 25 c et 25 c de recommandation), 1 F et 25 c pour un troisième échelon, et des chargés (double affranchissement) : une paire du 25 c, un mixte 40 c Cérès et 10 c, un 1 F bord de feuille (2e échelon), une bande de 4 du 25 c (2e échelon), une paire du 1 F (3e échelon). Pour le tarif du 1er juillet 1854, le conférencier proposait l’avis au public incitant à l’affranchissement préalable en baissant le port de la lettre de 25 c à 20 c et en pénalisant les lettres non ou insuffisamment affranchies (30 c moins la valeur des timbres apposés) et diverses lettres. Il est à noter que si au moment de la réforme 25 % seulement des lettres étaient affranchies, un an plus tard elles le seront à 75 %. Etaient présentés notamment pour le 20 c une oblitération du 1er juillet 1854 (premier jour du timbre et du tarif) avec tàd de distribution, un bord de feuille avec filet oblitéré par tàd 13, un bord de feuille avec contrôle TP, un tàd rouge type 22 de distribution, des paires du 10 c avec cursive et tàd du bureau de direction, avec cursive rouge, avec bord de feuille et filet d’encadrement, un 10 c et une paire de 5 c, un bloc de quatre du 5 c oblitéré d’Algérie, une bande de quatre du 5 c bord de feuille avec filet, une moitié de 40 c oblitéré de Mostaganem. Pour les affranchissements insuffisants, on notait un 10 c avec taxe 2 (décimes) au tampon, un 5 c avec taxe 25 double trait, un 5 c taxé 25 par deux marques rouges au tampon 2 et 5 formant 25. Au 2e échelon de poids, on remarquait une paire du 20 c laiteux oblitéré du 1er juillet 1854 (premier jour du timbre et du tarif), des 40 c avec tàd 14, tàd 12, un bloc de 4 du 10 c oblitéré d’Algérie, un 20 c et deux paires du 5 c, deux bandes de 4 du 5 c, un 20 c et une taxe 4 (décimes) au tampon (affranchissement insuffisant : 60 c – 20 c de timbre = 40 c), un 20 c avec cursive et taxe 4, un 20 c et un 10 c avec taxe 30 double trait, une bande de quatre du 5 c et une taxe 4 manuscrite (lettre de 8 grammes). Pour le 3e échelon : une paire du 40 c oblitérée du 1er juillet 1854 (premier jour tarif), un bloc de 4 du 20 c oblitéré du 2 juillet 1854, un 80 c avec bord de feuille intégral comprenant le filet, un 20 c + 2 x 10 c + 40 c, un bloc de 8 du 10 c, un bloc de 16 du 5 c, un 40 c avec taxe 8, 2 x 20 c avec taxe 8 au tampon, 3 x 20 c avec taxe 6 au tampon. Pour le 4e échelon (1,60 F) : une paire du 80 c, une bande de quatre du 40 c, un bloc de 8 du 20 c, un 80 c avec taxe 16 (décimes) pour une lettre pesant « 100 grammes et 80 centigrammes » (soit 2,40 F – 80 c d’affranchissement = 1,60). Pour le 5e échelon (200 à 300 grammes = 2,40 F) on relevait une équerre de 3 du 80 c, une bande de 5 + 1 du 40 c. Enfin, une lettre affranchie 6 x 20 c taxée 24 (décimes) parce que pesant 201 grammes et une lettre de 307 grammes affranchie par une bande de 4 du 80 c. Pour les chargés (port + 20 c de droit fixe) étaient présentés une paire de 20 c avec oblitération de bureau de distribution, une bande de 4 du 10 c, un 40 c (2e échelon) et un 20 c, 3 x 20 c avec "chargé" en noir, 3 x 20 c avec cursive et cachet OR, un 80 c (3e échelon) et 20 c avec tàd de distribution, 2 x 40 c +20 c, un 40 c + 3 x 20 c, une bande de 5 du 20 c. Ainsi qu’un bloc de 12 + 1 du 20 c, 13 x 20 c avec tàd de distribution, un 80 c x 5 (7e échelon). Egalement présentées des valeurs déclarées (mises en place le 6 juillet 1859 pour l’envoi d’argent ou de traites, port + 20 c de droit fixe, taxe de valeur déclarée perçue en numéraire) dont un 40 c, une paire de 20 c, un double port 40 c + 20 c. Dans le tarif du 1er janvier 1862 seuls changent les échelons de poids. Etaient présentés un 20 c oblitéré du 1er janvier 1862 (premier jour du tarif), un bloc de 4 du 5 c, 5 x 1 c + 5 c + 10 c, 3 x 5 c + 5 x 1 c, 10 c + 10 x 1 c, un ensemble de 20 x 1 c, un 5 c avec taxe 25, un 10 c avec taxe 2 (décimes) au tampon, 2 x 5 c avec taxe 2, un 1 c avec taxe 29, une paire du 20 c (2e échelon) oblitérée du 1er janvier 1862 ; pour le 3e échelon un bloc de 4 du 20 c, un 40 c + une paire du 20 c, un 80c oblitéré losange gros chiffres avec tàd type 22, un chargé du 5 janvier 1863 avec 2 x 20 c, un chargé 2e échelon à 80 c + 20 c avec griffe « Après le départ ». Suivaient 4 x 40 c + 20 c (chargement 100 à 200 grammes) et 3 x 80 c (chargement de 200 à 300 grammes). Et pour terminer des oblitérations sardes de Savoie et du Comté de Nice avec notamment une du 1er juin 1860 (premier jour d’emploi des timbres de France) et un Mentone sur 80 c. Pour le port local (de ville à ville 10 c jusqu’à 15 grammes dans le tarif de septembre 1858) : un 10 c avec cursive, un 10 c avec tàd type 22, un 10 c annulé par 4 cachets OR (lettre relevée et distribuée en cours de tournée), 2 x 5 c avec cursive, 10 x 1 c, ainsi qu’en double port un 20 c avec tàd de distribution, en triple port un 10 c + 20 c, une bande de 3 du 10 c, au 4e échelon : un 40 c avec tàd de distribution, un bloc de 4 du 10 c. Figuraient également des lettres locales insuffisamment affranchies : 10 c + taxe 1 (décime) manuscrite, 10 c + taxe 1 au tampon (fabrication locale), 10 c et taxe 1 + boîte rurale + cachet CL, 5 c taxe 05, 2 x 1 c taxe 8. A partir du 1er juin 1859 pour les lettres locales non affranchies, la taxe est perçue avec des timbres « Chiffre taxe » à 10 c. On pouvait voir taxées avec Chiffre taxe 10 c : des lettres au 2e échelon affranchies 10 c ou 2 x 5 c, au 3e échelon affranchies 20 c ou 2 x 10 c ou encore une lettre au 6e échelon affranchies 2 x 20 c et taxée avec deux timbres Chiffre taxe. Pour compléter étaient montrés une lettre locale affranchie avec un 20 c utilisée frauduleusement et taxée 10 c avec timbre Chiffre taxe, un chargement local affranchi 10 c et 20 c et un double port local chargé affranchi 2 x 20 c. Une place était également faite aux recettes réunies. Pour les lettres de Paris pour Paris (15 c) figuraient un affranchissement à 5 c avec taxe 10 au tampon et des formules 103 d’avis de réception affranchies à 10 c et à 80 c (8 avis). En juillet 1853, la lettre de Paris pour Paris est abaissée de 15 c à 10 c pour 15 grammes exclu. Etaient présentés un 10 c avec étoile bleue, un bloc de 10 du 1 c, un double port avec 2 x 10 c, des chargés avec un 10 c + 20 c. Pour terminer Jean-Pierre Magne abordait les objets à prix réduits (OPR dans le jargon postal). Il montrait un affranchissement à 2 x 10 c (avis = 10 c par feuille de 11 cm2) en 1854, un imprimé territorial (10 c sous enveloppe ouverte) affranchi 2 x 5 c en août 1856, un imprimé local de moins de 5 grammes affranchi par une bande de 5 du 1 c avec piquage de la poste de Marennes, un imprimé double affranchi 20 c, des imprimés sous bandes (1 c par 5 grammes) affranchis à 1 c, à 2 c, à 3 c, à 5 c. Pour les affranchissements insuffisants, à partir de 1856, la taxe représente le triple de l’insuffisance. Ainsi étaient présentés des imprimés affranchis 5 c taxé 15 c, à 10 c taxé 30, à 1 c taxé 27, à 2 c taxé 54 (affranchissement dû : 20 c – 2 c = 18 c x 3). Pour les journaux politiques, le tarif en rayon limitrophe était de 2 c, 4 c en rayon non limitrophe et pour les journaux non politiques 1 c rayon limitrophe ou 2 c non limitrophe. Plusieurs journaux complets étaient présentés dont un affranchi par un bloc de 4 du 1 c mais il s’agissait là d’une double perception (affranchissement et droit fiscal) par des timbres-poste d’un journal non politique dans le rayon limitrophe (1 c + 3 c de droit fiscal). En août 1859 est instauré un tarif pour les cartes de visite sous enveloppe : 10 c de bureau à bureau, 5 c en port local. Etaient présentés un 10 c oblitéré losange gros chiffres le 1.1.1963 (premier jour officiel de mise en service du GC), un 5 c avec oblitération dite « du Jour de l’An », un 5 c avec tàd rouge des imprimés, une moitié de 10 c déchiré à la main, un 5 c sur enveloppe de bureau à bureau taxée 15 c. Pour les papiers d’affaires sous bande le tarif était de 50 c jusqu’à 50 grammes. On pouvait voir un affranchissement à 10 c + 2 x 5c avec tàd de distribution, un 40 c + 10 c et un 5 x 10 c. Egalement présentées des convocations de la justice de Paix sous bande avec en port local un 10 c, une paire du 5 c, des chargés à 10 c + 20 c, 3 x 10 c, 2 x 5 c + 20c, un double port local à 2 x 5 c + 10 c + 20 c. Pour terminer Jean-Pierre Magne présentait une lettre chargée du corps expéditionnaire d’Orient (avril à juin 1854) affranchie par une paire du 25 c.
Les "entretiens du musée" (mai 2007)
Les internés civils Alsaciens Lorrains au Couvent royal de Saint-Maximin Michel Cournety proposait de découvrir une page de l’histoire de la Grande Guerre, celle des internés civils Alsaciens-Lorrains et plus particulièrement ceux internés dans le Var au Couvent royal de Saint-Maximin. Au début de la guerre de 1914, les troupes françaises libèrent le sud de l’Alsace occupée par les Allemands depuis 1870. Les habitants de la zone de front sont évacués. Mais un problème se pose avec ces populations d’Alsaciens et Lorrains. Certains sont Français car nés avant 1870, d’autres sont Allemands. Aussi sont-ils dirigés vers des centres de rassemblement ou une commission des Alsaciens-Lorrains va séparer les pro-français, qui vont bénéficier d’une carte tricolore et seront libres de circuler, des tièdes et des pro-allemands qui seront, eux, envoyés dans des centres de séjour surveillé essentiellement dans le Sud-ouest et le Sud-est de la France. On parle alors d’internés, mais aussi de réfugiés, d’otages ou d’évacués. Ainsi dans le Var, il y avait deux camps : la citadelle de Saint-Tropez pour les Austro-Allemands et Brignoles puis Saint-Maximin pour les Alsaciens-Lorrains (les Bouches-du-Rhône avaient une structure identique avec le Frigoulet pour les Austro-Allemands et Saint-Rémy pour les Alsaciens-Lorrains). Fin 1914, s’ouvre dans le Palais de Comtes de Provence à Brignoles un camp pour internés qui reçoit essentiellement des Alsaciens d’origine tzigane. Suite aux protestations des Brignolais, le camp est transféré en mars 1915 au couvent royal de Saint-Maximin et les internés s’entassent dans le bâtiment principal mais aussi dans les écuries, les granges… Il y a là des adultes, hommes et femmes, des enfants, des vieillards. Les internés étaient libres de correspondre notamment avec leurs familles ou leurs proches restés en Alsace. Pour cela, ils bénéficiaient de la franchise postale. Mais ils devaient écrire sur carte postale ou présenter les lettres ouvertes aux autorités du camp. Tout ce courrier était censuré à la Préfecture de Draguignan. C’est un professeur d’allemand qui se chargeait du contrôle des correspondances émanant de Saint-Maximin et de la citadelle de Saint-Tropez. Pour illustrer son propos, Michel Cournety présentait de nombreux documents émanant de Saint-Maximin et de Saint-Tropez dont une carte postale envoyée de Saint-Maximin en Allemagne avec la mention manuscrite « Franchise postale internés civils » et un V manuscrit ; une lettre d’un interné pour l’ambassade des Etats Unis à Paris, censurée à l’arrivée (le courrier pour l’ambassade des Etats-Unis, non encore belligérants, était particulièrement surveillé parce que les internés en régime de semi-liberté pouvaient expédier clandestinement leur courrier notamment de doléances) ainsi que nombreuses marques de censure… En 1917 le camp de Saint Maximin est fermé et les internés sont transférés à Lure, Luçon, Saint-Rémy et Privas (qui sera le dernier camp à fermer). En 1918 ont lieu des échanges d’internés. Entre 1915 et 1917, plus de 280 personnes ont été internés à Saint Maximin dans des conditions dramatiques. Et en 1939, le Couvent royal figurait dans le plan d’internement.
Le type Droits de l’homme de Mouchon Alain Trinquier présentait le type Droits de l’homme, une figurine très décriée à sa sortie le 4 décembre 1900. Œuvre de Mouchon, le type Droits de l’homme était dédié aux valeurs moyennes alors que le type Blanc servait pour les petites valeurs et le Merson pour les fortes valeurs. Pour le Mouchon, on compte trois séries : le type I imprimé en deux fois (10 c rose, 20 c brun-lilas, 25 c bleu et 30 c violet), le type II (10 c rouge, 15 c orange et 25 c bleu) et le type retouché (10 c rose, 15 c vermillon, 20 c brun-lilas. 25 c bleu et 30 c violet). Après avoir rappelé les tarifs postaux de l’époque, Alain Trinquier présentait divers documents : - affranchissement à 10 c sur CP ; à 15 c sur lettre ; à 30 c sur lettre 2e échelon (30 c seul ou 2 x 15 c) ; à 40c sur lettre 3e échelon (2 x 20 c) ; sur lettre recommandée (25 c + 15 c et 2 x 15 c + 10 c) ; sur lettre recommandée 2e échelon (25 c + 30 c). - tarif recommandé objets à prix réduits (imprimé ou papiers d’affaires) à 15 c (5 c imprimé de moins de 50 grammes et 10c de recommandation OPR) ; lettre chargée affranchie 2 x 25 c (15c lettre, 25 c recommandation et 10 c assurance – 500 F) ; lettre chargée valeur 600 F affranchie 2 x 25 c + 10 c (15 c lettre, 25 c recommandation et 10 c x 2 d’assurance) ; pneumatique de moins de 7 grammes affranchi 30 c (2 x 15 c) ; accusé de réception à 10 c. - échantillon 2e échelon (50/100 g) affranchi 10c, échantillon 4e échelon (150/200 g) affranchi 20 c (2 x 10 c), échantillon 5e échelon (200/250 g) affranchi à 25 c. Egalement présentés les entiers postaux (cartes postales et cartes lettres) ainsi que le surchargé FM, premier timbre de franchise militaire distribué aux militaires à raison de deux exemplaires par mois. Les tarifs pour l’étranger ont fait également l’objet d’une présentation détaillée avec : - carte postale à 10 c pour la Lorraine allemande et Algérie – Italie ; lettre pour la Suisse (10c + 15 c), pour le Canada (25 c), pour la Russie (25 c), lettre 2e échelon pour l’Allemagne (2 x 25 c), pour la Hollande (2 x 25 c), lettre 2e échelon pour le Mexique via New York (2 x 25 c), lettre recommandée pour la Suisse (2 x 25 c), lettre recommandée pour l’Allemagne (entier 15 c + 10 c + 25 c), échantillon sans valeur 2e échelon pour l’Alsace allemande (15 c). A cela s’ajoutaient un entier postal carte postale 10 c avec légende Levant et une lettre du Maroc en 1923 avec le 25 c surchargé « Protectorat français », montrant que si le type Mouchon a été remplacé en France dès 1903 par la semeuse lignée, il a continué à servir encore longtemps dans les possessions françaises.
L’assistance aux convalescents militaires établissement de La Garde près Toulon André Lovisolo a conclu les entretiens en présentant les hôpitaux de l’assistance aux convalescents militaires qui ont fonctionné dans toutes les régions militaires pour les militaires convalescents originaires de pays envahis, pour les militaires en instances de réforme, pour les réformés n° 1… Le premier établissement d’assistance aux convalescents militaires a ouvert à Bandol, celui de La Garde près Toulon a suivi peu après puisque le 24 octobre 1914 est créé une commission chargée de l’organisation de l’hôpital ACM de La Garde. Au quartier de la Ginouse, la villa « Panorama », saisie et mise sous séquestre parce qu’elle appartient à des Allemands, a été choisie pour accueillir cette structure. Elle offre 22 chambres et s’élève dans un parc de 4 hectares exposé au midi. L’écrivain Jean Aicard est le président d’honneur du comité d’organisation qui lance un appel à la générosité de la population pour doter l’hôpital. Le 18 décembre 1914 l’hôpital ACM de La Garde recevait ses premiers blessés (avec notamment des blessés serbes). Le 21 novembre 1915, l’ACM veut transformer l’établissement avec la possibilité de recevoir des "bronchiteux", ce que refuse le comité. S’ensuit un procès entre la municipalité de La Garde et l’ACM. Procès qui sera perdu par la ville. A noter que pendant la guerre 1914-1918, l’Assistance aux convalescents militaires a compté 48 établissements dans le Var. Parmi les pièces présentées : le cachet de franchise militaire « Etablissement de convalescents militaires / La Garde près Toulon » sur pli ; les cachets de franchise des ACM du Mourillon, du Pradet, du dépôt du Muy ; les photos des établissements de La Valette (Baudouvin), Le Pradet, Carqueiranne, La Seyne (casino des Sablettes), Le Luc, mais aussi Cadenet, Aix-en-Provence, Marseille – La Valentine, Golfe Juan (Villa Mauresque), Grasse (officiers serbes) ainsi qu’un reçu de l’œuvre d’assistance aux convalescents militaires de La Garde et des photos de blessés accueillis à La Garde.
Journée 2006 du Cercle d'histoire postale
Le 25 centimes bleu semeuse camée La journée 2006 du Cercle d'histoire postale s’est déroulée samedi 16 décembre avec une conférence de Jean-Jacques Cahuzac sur "Le 25 centimes bleu semeuse camée" Le conférencier a rappelé l'histoire du timbre avant de présenter les sept types du 25 centimes semeuse camée, avant de montrer les diverses présentations : feuilles à plat et rotatives, roulettes à plat et rotatives, carnets à plat et rotatifs avec et sans publicité, entiers postaux. Il a également montré les faux pour tromper la poste, les différentes teintes et différents papiers, les millésimes, les surcharges apposées en France, en Algérie, dans les bureaux français à l'étranger, les utilisations diverses, les utilisations hors métropole, es non émis avant de développer les variétés constantes observées sur ces timbres. Une conférence qui a vivement intéressé la trentaine de personnes présentes. Pour en savoir plus : "Découvertes", la revue de l'amicale philatélique Nostradamus de Salon a consacré son numéro 3 et un supplément au 25 c semeuse camée sous la plume de Jean-Jacques Cahuzac. Ouvrage disponible à la consultation au musée du Timbre.
Les "entretiens du musée" (mai 2006)
Les
plis de service en régime international Albert Rouff a présenté
une collection de documents et de plis de service recommandés en provenance
de divers pays étrangers dans les années 1980. Cet échange de
correspondance en franchise entre administrations postales est la conséquence
de la mise en place par le congrès de l’UPU de Tokyo en 1969 des frais
terminaux liés au courrier en régime international. C’est le bureau
d’échanges de Paris Aviation Etranger qui gère le flux import du
courrier international et qui vérifie l’AV7, un bordereau qui est la véritable
colonne vertébrale du système. Si l’AV7 ne correspond pas à la
livraison, le bureau d’échanges dresse un constat d’irrégularité. Un
double est adressé au CESDOC implanté à Pari rue Clignancourt, organisme
gérant les litiges de la comptabilité de la poste extra-métropolitaine. Les choses ont évolué
au début des années 1990 avec la fermeture de Paris Austerlitz (et avec
lui du bureau d’échanges de Paris Aviation Etranger) ainsi que la délocalisation
du CESDOC transféré à Besançon où il fonctionne sous le vocable SCIC
(service comptabilité internationale du courrier). Les
bureaux de passe Daniel Morice a
ensuite parlé des bureaux de passe présentant quelques pièces de sa
collection. On compte vingt-trois bureaux de passe tous répartis dans la
moitié nord de la France, le plus souvent sur des nœuds ferroviaires. Les
bureaux de passe sont situés dans la gare, les premiers ont été ouverts le 16 juin 1864. Ils sont les témoins des premières années des
chemins de fer et du souci de la poste d’acheminer au plus vite les plis
qui lui étaient confiés. Les bureaux de
passe ont été dotés de timbres à date particuliers à deux cercles dont
le cercle intérieur est excentré, avec
en haut le « gros chiffres » de la ville où ils se situaient et
en bas, entre parenthèses, le numéro du département. La date est située
au centre du cachet. Ce timbre à date devait être apposé au dos des plis
non enliassés, ceux relevés dans les boîtes de gare, ceux remis par les
ambulants, ceux de l’arrondissement postal. Il est quelquefois frappé au
recto lorsque le pli n’est pas oblitéré ou si la date n’est pas
lisible. Il est frappé au recto sur les cartes postales précurseurs. On
relève pour ces timbres à date jusqu’à trois types différents ainsi
que quelques sous-types. Les dernières
fermetures de bureaux de passe (le 15 décembre 1882) ont fait l’objet
d’un décret paru au Bulletin officiel des Postes. Pour mémoire
voici la liste des bureaux de passe : 99 Angers, 305 Bar-le-Duc, 506 Blois (peu de courrier), 691 Caen, 897 La Charité, 947 Châteauroux,
978 Chaumont (bureau important), 1307 Dijon (bureau le plus intéressant
pour avoir traité une grande quantité de courrier), 1987 Laval, 2056
Lisieux, 2188 Le Mans, 2351 Mézières, 2565 Moulins, 2598 Nancy, 2654
Nevers, 2660 Niort, 2915 Poitiers, 3112 Rennes (grand bureau), 3219 Rouen,
3325 Saumur (utilisation pendant 8 ans 1864/1872), 3533 Saint-Brieuc, 4169
Vesoul et 4201 Vierzon (2e bureau le plus important). M. Morice devait
notamment présenter un 1307 sur timbre au type Sage, un 2654 sur avis du
sort réservé à un chargement et surtout un 2915 annulant un timbre taxe
sur lettre locale non affranchie. Le
bureau français de Tripoli de Barbarie Un bureau français
a fonctionné à Tripoli de Barbarie de 1880 à 1912. Il a été fermé avec
l’occupation italienne de la Libye. Ce bureau échangeait essentiellement
du courrier avec Malte et l’Italie. Jérôme Castanet en présentant des
plis émanant de ce bureau faisait l’historique de l’implantation française
à Tripoli de Barbarie. Pour effacer la tragédie de la défaite de 1870 et
la Commune, la France s’était lancée dans des opérations outre-mer. En
1881, prétextant que des rebelles algériens y ont leurs bases, un corps
expéditionnaire est envoyé en Tunisie. Les opérations qui se déroulent
du 24 avril à octobre 1881 ont débouché sur le traité du Bardo (12 mai
1881) qui entérine la mainmise de la France sur la Tunisie et met contre
nous l’Italie qui avait aussi des vises expansionnistes sur ce pays. La création
quelques mois plus tôt d’un bureau français à Tripoli s’inscrivait
aussi dans la perspective d’une occupation française de la Libye. Jérôme Castanet
après avoir décrit les différentes lignes maritimes de la Méditerranée
(aucune ligne maritime régulière anglaise ou française ne dessert Tripoli
qui commerce essentiellement avec l’Italie par Malte) montrait une lettre
affranchie en timbres français oblitérés par un timbre à date anglais de
Malte provenant très vraisemblablement de Tripoli. Il faut savoir que le
bureau de Tripoli n’a utilisé que des timbres de métropole,
contrairement aux autres bureaux du Levant pour lesquels les timbres français
ont été surchargés ou émis avec légende particulière. Le conférencier a
ensuite présenté les tarifs postaux. Jusqu’en 1881 était appliqué le
tarif étranger, mais avec le traité du Bardo, Tripoli, bureau distributeur
est rattaché à la direction de Tunis et c’est le tarif intérieur qui
s’applique. Toutefois pour les relations avec l’empire ottoman (qui
proteste contre le maintien sur son territoire de bureaux étrangers, ce qui
est contraire aux conventions UPU) est appliqué le tarif étranger. C’est
ainsi qu’était présentée une lettre double affranchie au tarif intérieur
de Tripoli pour Constantinople taxée par les postes ottomanes comme
si elle provenait de l’étranger. Journée 2005 du Cercle d'histoire postale
Les relations postales France – Etats-Unis 1849/1858. Les tarifs et les voies d’acheminement La journée 2005 du Cercle d'histoire postale s’est déroulée samedi 10 décembre avec une conférence de Georges Guigues sur "Les relations postales France – Etats-Unis 1849/1858. Les tarifs et les voies d’acheminement" Ont été évoqués par le conférencier les acheminements par bâtiments de commerce ainsi que par les paquebots anglais et américains avec la voie américaine Le Havre ou Brême - New York par Liverpool, la voie anglaise Liverpool côte est des Etats-Unis, la voie américaine Liverpool - côte est, ainsi que la ligne complémentaire française vers Southampton d'où le courrier rejoignait la première voie en partance. Georges Guigues a également parlé des cachets taxe apposés à l'arrivée, en commentant les divers tarifs appliqués selon les voies empruntées, la destination finale et le poids de la lettre. De nombreuses illustrations de pièces accompagnaient les propos du conférencier.
Les "entretiens du musée" (mai 2005)
Les lignes postales d’Extrême-Orient En septembre 1866 l’indicatif « ligne N » est attribué à la ligne de Suez à Hongkong. Son exploitation s’effectue au rythme d’un voyage mensuel avec retour. A l’ouverture du canal de Suez au trafic commercial, en avril 1870, les appareillages vont s’effectuer tous les 14 jours au départ de Marseille. Le 18 septembre 1910 est utilisé le dernier timbre à date avec indicatif Ligne N qui deviendra ensuite ligne postale d’Extrême-Orient. Le conférencier présentait d’ailleurs une carte avec les pays desservis par la ligne N, ainsi que les divers timbres à date utilisés sur les bureaux flottants de 1866 à 1910. Le trajet total entre Marseille et Yokohama était de 37 jours et demi, une rotation complète, aller et retour, s’effectuant en 85 jours et 14 heures. Il s’agissait de la plus longue ligne maritime française. Avant le percement du canal de Suez, les messageries impériales organisaient la jonction entre la ligne maritime Marseille à Alexandrie, le train spécial égyptien reliant Alexandrie à Suez et la ligne maritime d’Extrême-Orient de Suez à Hongkong. Pour illustrer cette première période plusieurs lettres étaient présentées par Yves Petrella, en voici quelques exemples : - Lettre de Marseille pour Port-Louis (île Maurice) ayant emprunté la ligne N jusqu’à Aden, puis le bateau de la ligne T se dirigeant vers La Réunion et Maurice. Tàd Ligne N du 30 mai 1880 (lettre transportée par le paquebot Djemnah) ; - Lettre de Colombo pour Paris, tàd rond « Ligne N Paq. Fr. n°3 » en 1894 (transporté par le Yarra) ; - Entier postal 10c, tàd rond « Ligne N Paq. Fr. n°2 » + tàd de l’escale à Aden en 1895 (Oxus) ; - Lettre du consulat de France à Hongkong avec tàd octogonal « Ligne N Paq. Fr. n°7 » en 1896 (Ernest-Simon) ; - Lettre du consulat de France à Batavia (Jakarta) tàd octogonal « Ligne N Paq. Fr. n°3 » (Océanien)… Pour les marins ou les militaires en campagne sont utilisés les timbres à date correspondance d’armées avec indication de la ligne et le numéro du paquebot. - Sur lettre écrite en mer, au milieu du détroit de Malacca entre la Malaisie et Sumatra, tàd « Corr. d’Arm. Lig. N Paq. Fr. n°1 » en 1884 (Saghalien) ; - Lettre pour la France tàd « Corr. des Armées LN n°5 » en 1896 (Salazie) ; - Lettre affranchie TP type Sage surchargé Chine, tàd octogonal « Corr. d’Armées Paq. Fr. n°7 » en 1897 (Ernest-Simon). Ensuite furent utilisés les timbres à date avec nom des terminus : Marseille à Yokohama et retour de 1911 à 1932, puis Marseille à Shanghai en 1933 et Marseille à Kobe de 1934 à 1940. A partir de 1911, ces timbres à date remplacent définitivement ceux avec indicatif N. Il existe 34 timbres à date différents de la ligne postale d’Extrême-Orient. Etaient présentés, entre autres, les tàd aller et retour suivants : - Tàd Marseille à Yokohama n°6 sur lettre de 1923 transportée par le paquebot Azay le Rideau et tàd Yokohama à Marseille n°6 en 1925 (Amboise) - Tàd octogonal Marseille à Yokohama n°4 en 1926 (Paul-Lecat) et tàd Yokohama à Marseille n° 4 sur CP transportée par le même Paul-Lecat en 1916 ; - Tàd octogonal Marseille à Shanghai n°8 sur lettre de 1933 (Bernardin de Saint-Pierre) ; - Tàd octogonal Marseille à Kobe n°6 sur lettre dec1934 (Félix-Roussel) et Kobe à Marseille n°6 sur lettre de 1934 transportée par le même Félix-Roussel. La conférence se terminait avec la présentation des marques et oblitérations « Paquebot » apposées aux escales (1923-1939). - Escale de Port-Saïd, bureau français : tàd « Port-Saïd / Egypte » et marque « Paquebot » à côté en 1930. A la fermeture du bureau français, on rencontre des tàd égyptiens avec « Paquebot » en haut et « Port Saïd » en bas. - Escale de Djibouti : oblitération « bouchon » annulant le timbre, à côté petit tàd « Côte française des Somalis / Djibouti » en 1924 (Compiègne) ; annulation griffe « Paquebot » sur timbre, à côté grand tàd « Côte française des Somalis / Djibouti » en 1933 (Chantilly). - Escale d’Aden : timbre à date avec « Paquebot » en haut et « Aden » en bas sur lettre de 1935 ; griffe « Paquebot » annulant le timbre-poste, à côté tàd « Aden » en 1902 ; tàd « Aden » annulant le timbre et griffe « Paquebot » à côté en 1904. - Escale de Colombo : timbre à date « Colombo / Paquebot » sur CP pour le Tonkin en 1926 et enveloppe des Messageries maritimes avec oblitération mécanique « Colombo Paquebot » + griffe « Paquebot » en 1933. - Escale de Pondichéry : lettre des Indes britanniques pour la France, annulation des timbres-poste par griffe « Paquebot » et à côté timbre à date ovale « Inde / Pondichéry » en 1939 (Chantilly). - Escale de Madras : carte postale avec tàd « Madras » et au verso griffe rouge « Paquebot » en 1934 (Angers). - Escale de Bombay : carte postale avec timbre-poste annulé par cachet typique de Bombay : B1 et au verso griffe « Paquebot » encadrée en 1906. - Escale de Singapour : Lettre pour le Tonkin avec tàd « Paquebot / Singapore » en 1931 (Georges-Philippar).
Guerre des Boers : le camp de prisonniers de Sainte-Hélène Après une présentation historique et géographique de l’île de Sainte-Hélène, le conférencier, M. Leroux, précisait les conditions d’internement des quelque 5 500 prisonniers de guerre boers retenus sur l’île entre avril 1900 et août 1902, après la seconde guerre anglo-boer (11 octobre 1899 au 31 mai 1902). Avant la création des camps de Sainte-Hélène, les prisonniers boers étaient internés dans la région du Cap à Green Point, sur l’importante base navale de Simonstown et même sur des bateaux en rade. C’est la crainte d’incursions surprises de commandos boers qui incita les Anglais à ouvrir des camps hors du territoire sud-africain. Le premier camp fut implanté à Deadwood, mais les tensions entre les Boers du Transvaal et ceux de l’Etat d’Orange conduisirent, début 1901, à la création du camp de Broadbottom. Quelques prisonniers résidèrent à Jamestown, la capitale, où ils étaient employés par la population locale. Enfin, les plus récalcitrants étaient internés à High Knoll Fort qui servait de prison. Au plan philatélique, cette période d’un peu plus de deux ans connaît une grande popularité due à la variété des marques de censure et à l’utilisation fréquente de cachets d’annulation du type « bouchon ». Le courrier à destination des PG était admis sans contrôle s’il avait déjà subi la censure britannique. Si ce n’était pas le cas, il était apposé une marque de censure « muette ». Sur le courrier expédié par les PG était apposée la marque et les initiales manuscrites du censeur. Deux marques étaient utilisées : la première « Censor prisoners of war » à double cercle d’épaisseur identique peut se voir en violet, bleu ou rouge ; la seconde était un double triangle « Passed by / Censor / Deadwood ». Pour illustrer ce propos, plusieurs lettres et entiers postaux étaient présentés, dont des lettres de soutien reçues d’Italie et de Belgique par le général Cronje, ainsi que des lettres expédiées par des prisonniers de guerre boer ou originaires d’Allemagne, des Pays-Bas, du Danemark, de France… ainsi qu’une lettre adressée au camp pour femmes de Klersdorp. Une autre marque double triangle a été utilisée avec mention « Passed / by / Censor / St Helena / Head office ». Enfin, le camp de Broadbottom disposait aussi d’une marque spécifique, circulaire avec espace prévue pour les initiales du censeur. Le camp de Broadbottom a également utilisé une marque linéaire à écriture fantaisiste « Broadbottomcamp ».
Les oblitérations « Paquebot » de Toulon Enfin, Alain Trinquier a présenté quelques lettres avec oblitération « Paquebot » apposé à Toulon. Il s’agissait là de l’application des règles définies par le congrès de Vienne de l’UPU (juillet 1891) pour le courrier déposé aux escales par des navires n’ayant pas d’agent postal embarqué. Le bulletin mensuel n° 1 de janvier 1894 confirme et développe ces dispositions : « Une décision prescrit de porter la mention « Paquebot » à la main ou a moyen d’une griffe, au bureau de poste du port d’arrivée, sur les correspondances recueillies en mer affranchies ou non affranchies, qui n’ont pas été préalablement timbrée. Cette mention est destinée à indiquer que la correspondance n’est pas originaire du bureau de poste où elle a été frappée d’un timbre à date pour la première fois. » Il était en outre précisé que la mention « Paquebot » doit figurer à côté du timbre à date du bureau. Etait ainsi présenté une lettre affranchie par un 15c Sage en 1896 avec griffe « Paquebot » et timbre à date de Toulon.. En 1912, la compagnie Orient Line décide de faire escale à Toulon. Ainsi jusqu’en 1939 (sauf une interruption de mi-1915 à fin 1918), toutes les deux semaines, un bâtiment de la compagnie faisait escale dans la plus belle rade d’Europe. A la même époque, Toulon est doté d’un timbre à date circulaire avec banderole « Paquebot » qui remplace la griffe. Il existe deux types de ce tàd qui ont été présentés, le premier sur timbres britanniques en 1913, le second toujours sur carte affranchie avec des timbres britanniques en 1914. En 1920, le bureau de Toulon est doté d’une machine à oblitérer sur laquelle on adepte, quand c’est nécessaire, une flamme « Paquebot » (rectangle avec cinq lignes horizontales et rectangle vide avec « paquebot » en diagonale). Cette flamme sera en service jusqu’en 1939. De 1934 à 1938, le bureau de Toulon a utilisé un timbre à date manuel de forme octogonale « Toulon s/Mer – Paquebot / Var » Pour terminer Alain Trinquier présentait une enveloppe dépêche destinée à recevoir le courrier déposé à bord du paquebot Azur. Sur ces oblitérations, on peut consulter avec profit le fascicule d’Alain Trinquier « Marques postales du Var : - marques d’entrées par voie de mer, par voie de terre, - marques d’arrivées, - marques de purification » édité sous les auspices du cercle d’histoire postale.
Journée 2004 du Cercle d'histoire postale
La poste dans l'arrondissement de Grasse avant la Révolution La journée du Cercle d'histoire postale s’est déroulée samedi 11 décembre avec une conférence de Francis Pastorello sur « La poste dans l’arrondissement de Grasse jusqu’à la Révolution ». Environ trente-cinq personnes y ont assisté. Francis Pastorello nous a parlé d’un arrondissement qui lui est cher, celui de Grasse en présentant des lettres des 17e et 18e siècle, époque à laquelle le Var s’étendait jusqu’au fleuve qui a lui a donné son nom. Grasse, Antibes, Cannes étaient alors varoises. Au 17e siècle, il n’y avait que deux bureaux de direction dans l’arrondissement de Grasse : Cannes et Antibes situés sur la route royale Aix - Antibes et les échanges de courrier avec le comté de Nice s’effectuaient à Pont du Var. Avec la mise en place de la Ferme générale des Postes (1674/1792), on comptera quatre bureaux de direction : Antibes, Cannes, Grasse et Saint-Paul du Var (qui deviendra Saint-Paul de Vence). Francis Pastorello a présenté une quinzaine de lettres d’avant la Révolution pour illustrer la poste dans l’arrondissement de Grasse : Lettre de 1654 de Grasse pour Paris taxée 5 sols (plus vieille lettre de Grasse passée par la poste en possession du conférencier). Lettre du 20 juillet 1731 de Grasse à Marseille taxée 6 sols. Lettre du 20 mai 1748 de Grasse pour Aix taxée 4 sols, avec timbre d’origine « Grasse », Lettre du 14 avril 1714 avec mention manuscrite « franc » (port payé) d’Antibes pour Marseille. Enveloppe avec timbre d’origine « Antibes » pour Aix, mention « 2½ onces forte » et taxe 56 sols (pas d’indication de date puisqu’il s’agit d’une enveloppe). Lettre du 7 janvier 1761 avec timbre d’origine « Grasse », mention « franc » pour Avignon. Lettre du 17 mars 1762 de Grasse à Tonneins (Lot et Garonne), mention manuscrite « Grasse », taxe 18 sols (lettre en double port). Lettre du 12 mai 1764 d’Antibes pour Sisteron, mention manuscrite « Antibes », indication du poids (1/2 once), taxe 14 sols. Lettre du 19 février 1765 de Cannes pour Paris avec timbre d’origine « Canne » (Cannes sans s, timbre utilisé de 1764 à 1767), taxe 10 sols. Lettre datée de Châteauneuf (près de Grasse) le 21 avril 1756 pour Aix, mention manuscrite « Grasse », taxe 6 sols. Lettre datée de Bar sur Loup le 6 mai 1768 pour Aix, mention manuscrite « Cannes », taxe 6 sols. Lettre du 31 mai 1769 d’Antibes pour Marseille, mention manuscrite « Antibes », taxe 6 sols. Lettre du 6 janvier 1772 de Grasse pour Riez, taxe 7 sols (la lettre est très certainement passée par Aix). Lettre datée de Vallauris le 18 mai 1773 pour Marseille, mention manuscrite « Cannes », taxe 6 sols. Fortes traces sur la lettre d’une purification aux vapeurs de vinaigre. Lettre du 1er février 1776 d’Antibes pour Marseille, mention manuscrite « Antibes » accompagnée du timbre d’origine « Antibes » (utilisé de 1761 à 1794), taxe 6 sols.
Les "entretiens du musée" (avril 2004)
Tarification des lettres avec échantillons Alain Trinquier, en présentant la tarification des lettres avec échantillons, a fait découvrir au public composé de philatélistes et marcophiles des aspects méconnus du transport par la poste d’échantillons, en général de tissus, entre 1792 et la mise en place du timbre-poste en 1849. Le premier tarif évoquant le transport d’échantillons est celui du 1er janvier 1792 qui prévoit une taxe égale au tiers du port fixé par le tarif. Mais ils doivent être présentés sous bande ou d’une manière indicative de ce qu’ils contiennent et leur port ne sera pas au-dessous de celui de la lettre simple. Dans le tarif de 1806, il faut distinguer deux périodes : avant 1825, on ne sait pas si le poids qui figure sur la lettre est le poids total ou celui de l’échantillon et si la lettre est taxée normalement, ni comment s’effectue l’arrondi des taxes ; après 1825 une instruction, inconnue jusqu’à présent, précise sans doute les conditions de tarification au tiers de la taxe avec pesée distincte de l’échantillon et arrondi au décime supérieur. Le tarif de 1828 fixe nettement la taxation des échantillons qui doivent être sous bande ou, s’ils sont attachés à la lettre, pouvoir être pesée séparément ; seul l’échantillon bénéficie de la taxe réduite et les lettre contenant des échantillons sont taxées normalement. Avec la mise en place du timbre-poste le 1er janvier 1849, cette modération du tarif pour les imprimés est supprimée. Pour chacun des cas de figure exposés, Alain Trinquier présentait les lettres correspondantes.
Lieux d'internement dans la zone occupée par les Italiens en France en 1943 Lui succédant, Claude Gérard en abordant les lieux d’internement dans la zone occupée par les Italiens en France en 1943, a donné un véritable cours d’histoire. Il a aussi montré toute la difficulté de trouver des pièces philatéliques témoins de cette histoire. Fin 1942, début 1943, suite à l’invasion de la zone sud par les troupes allemandes, l’OVRA (organisation de vigilance et de répression des menées antifascistes), composée de chemises noires et qui dispose de cinq bureaux dans la France occupée par les Italiens : Nice, Annecy, Chambéry, Bastia et Modane, durci sa politique de répression . Dans un premier temps sont ouverts des centres de regroupement des personnes arrêtées pour interrogatoire. Il y avait notamment dans le Var la villa « L’île verte » à Valescure, quartier de Saint-Raphaël, et dans les Alpes Maritimes, la villa « Les bambous » à Roquebrune-Cap-Martin. Ensuite, les personnes arrêtées (résistants, antifascistes italiens, juifs) étaient envoyées en centres de séjour surveillé. Paradoxalement, les juifs internés dans ces centres étaient moins menacés que ceux enfermés dans les camps français, la police les remettant aux autorités allemandes ,ce qu’avaient refusé de faire les Italiens. Il y avait huit centres en France continentale : Barcelonnette, Castellane, Megève, Moustiers, Saint-Gervais, Saint-Martin de Vésubie, Venaison, Vence et trois en Corse : Prunelli de Fumorlo, Bocognaco et Asco. Venaient ensuite les véritables camps d’internement. Il y en avait un à Sospel, un à Embrun et deux à Modane. Bien évidemment, il existe fort peu de traces postales de ces divers lieux d’internement. Les internés en centres de séjour surveillé préférant utiliser la poste civile pour éviter la censure. Néanmoins Claude Gérard montrait, entre autres, une lettre adressée à un interné au « camp de concentration de Valescure à Saint-Raphaël » avec cachet de censure de la Poste militaire 16 ; une lettre de Hongrie expédiée au centre de séjour surveillé de Barcelonnette (Hôtel du Nord) avec griffe « CCS Barcelonnette verificato », ainsi que pour le centre de Prunelli en Corse des documents administratifs dont les consignes pour les internés qui devaient rester dans les limites de cent mètres du village, répondre à deux appels par jour… Quant à la correspondance, elle devait être déposée au bureau du commandant des carabiniers. Mais les internés préféraient utiliser la poste civile. Pour les camps d’internement, Claude Gérard présentait une lettre provenant du camp de Sospel, sans marque du camp mais avec censure militaire de Menton, une lettre adressée au camp d’internés de Sospel avec marques de censure, une autre toujours pour le camp de Sospel mais réexpédiée à Embrun, une lettre réponse pour PG utilisée à Embrun et une lettre en franchise postale avec cachet administratif du camp de Modane.
10 c semeuse camée rouge au type II des carnets Troisième conférence, celle d’André Lovisolo qui a expliqué comment reconnaître le 10 c semeuse camée rouge au type II. Issu de carnets de 30 timbres (cinq feuillets de six timbres), ce type particulier a eu une existence éphémère, d’où l’intérêt de bien l’identifier. Des dents massicotées en haut, à droite ou en bas, ainsi qu’un gros point sous le Q de République permettent d’authentifier le type II imprimé en 1914, mais vendu en 1921-1922.
Entiers postaux de Suisse au type Guillaume Tell Pour terminer, le Dr Fabien Barnier a présenté les entiers postaux de Suisse au type Guillaume Tell. Il existe une grande variété de pièces philatéliques que le conférencier a détaillées. Les participants ont pu ainsi voir les cartes postales, cartes postales réponse, lettres et bandes pour journaux, les cartes de la Fête nationale émises par la poste suisse, mais aussi des repiquages, des timbrés sur commande avec de nombreuses raretés. Etaient ainsi présentés, dans le tarif à 10c de 1914, les types 1 et 2 et ce type de carte utilisé au Liechtenstein, des cartes exprès pour l’Italie ou l’Allemagne, des perforés, des surchargés, des cartes réponses avec complément en timbres danois, en timbres belges (avec oblitération des postes belges reliées au Havre), une réexpédition d’Argentine en 1920… La présentation se poursuivait avec le tarif de 1921 et notamment une carte à 15c, tarif spécial du rayon limitrophe, des cartes à 25c avec affranchissement complémentaire de recommandation pour l’Autriche ou en carte réponse avec complément en timbres de Roumanie, en timbres de Russie… Même type de documents pour le tarif de 1924 avec aussi des cartes surchargées utilisées dans le régime international et des cartes réponse expédiées de France ou d’Italie. L’exposé se terminait par la présentation de cartes d’exposition, de repiquages, de cartes ou lettres avec double empreinte, des cartes photos de compagnies aériennes, des cartes annonces, des repiquages du 1er congrès des négociants en timbres en 1920, des lettres timbrée sur commande dont une expédiée en exprès dans le rayon limitrophe. Des lettres illustrées ou décorées, des avis de marchandises, des cartes de remboursement, des lettres au tarif imprimés recommandé, des doubles empreintes sur bande pour journaux, une lettre avec valeur 40 annulé et apposition d’une deuxième empreinte de timbre…
Journée 2003 du Cercle d'histoire postale
Postes fluviales et lacustres en Europe La journée du Cercle d'histoire postale s’est déroulée samedi 13 décembre avec une conférence de Jacques Bury (historien belge) sur « les postes fluviales et lacustres en Europe ». Le mode de transport du courrier par et sur voies d’eau intérieures répond à des conditions de nécessité : absence de tout autre moyen de communication (routes, chemins de fer, avions) ou moyen s’avérant être le plus sûr ou le plus direct. Les premières lettres transportées par ou sur voies d’eau intérieures datent du XVIIe siècle et se généralisent au XVIIIe siècle. Certaines sont acheminées par des entreprises privées, mais la plus grande part l’est par des services postaux officiels. Cette correspondance est le plus souvent estampillée au port de départ o d'arrivée et la nature du trajet et le moyen de transport sont stipulés sur le pli. La période la plus florissante est comprise entre 1860 et 1930. Sur les lacs européens, les bateaux assuraient un service postal très prisé des touristes. Le conférencier proposait d’étudier cinq pays : Belgique, Italie, Suisse, Allemagne et France. En Belgique, on rencontre des correspondances fluviales dès le début du XVIe siècle et les fleuves palliaient l’absence de routes pour le transport des marchandises et du courrier. Jacques Bury présentait plusieurs correspondances dont l’une des premières lettres connues par voie fluviale. Elle date de 1642 et a été acheminée par barge de Bruxelles à Anvers. Suivaient une lettre de 1719 acheminée par le canal de Willebroek ; une de 1740 par la barque d’Anvers ; une autre de 1842 avec mention à l’intérieur « expédiée par la barque » ; une encore de 1820 ayant emprunté le canal de Bruges à Gand ; une lettre datée de Gand en 1848 pour Gosseliès avec mention « par bateau puis par voiturier » (sur l’Escaut) et, enfin, une lettre avec mention manuscrite « par batellier » (sic) de Liège vers Dieupart ayant emprunté l’Ourthe (1837). L’Italie du Nord est riche de magnifiques lacs : le lac Majeur, le lac de Garde, le lac de Côme… Et les bateaux qui les sillonnaient assuraient un service postal entre les diverses villes. Sur le lac Majeur, on trouve plusieurs timbres à date avec mention des terminus de la ligne maritime Arona et Locarno. Plusieurs modèles étaient présentés avec mention « servizio postale laggo majore », avec « Natante Arona-Locarno » et retour, avec numéros du bateau s’échelonnant de 1893 à 1920. Pour le lac de Côme aussi, le conférencier montrait de nombreux timbres à date avec notamment un précurseur de 1866 (timbre à date double cercle « Natante Colico-Como ») puis divers tàd « Natente Como-Colico » et retour allant jusqu’en 1921. Pour la Suisse, Jacques Bury présentait des timbres à date du lac de Lucerne « Luzern-Fluelen schiff » sur carte postale de 1938 et sur lettre de 1909, « Luzern-Alpnach schiff » sur carte de 1906 ; du lac de Brienz « Brienzersee schiff post » et enfin, pour le lac Léman, où il n’y avait pas d’agent postal à bord des bateaux, une marque de port « Nyon lac » de 1903. Pour l’Allemagne, le conférencier s’est attaché au lac de Constance. Les premières boîtes à lettres installées sur des bateaux datent de 1884. Et ce n’est qu’en 1961 que furent supprimées les dernières boîtes de bord. Les eaux du lac étant partagées par les états riverains, on peut trouver divers timbres à date (d’Autriche, de Bavière, du Wurtemberg…) apposés sur des timbres suisses, autrichiens, allemands, bavarois…). Le premier exemple était d’ailleurs un affranchissement mixte : timbres autrichiens sur entier postal allemand oblitérés du tàd « Konstanz-Bregenz » en 1900. On pouvait voir ensuite la même oblitération sur timbres autrichiens en 1901 et en 1913, sur timbres suisses, puis des timbres autrichiens avec oblitération autrichienne, des timbres allemands avec oblitération de l’état de Bade en 1901, des oblitérations bavaroises, une enveloppe avec découpure d’entier postal suisse oblitérée d’un tàd bavarois, un entier postal suisse avec oblitération du Wurtemberg… A cela s’ajoutait des griffes encadrées « Bodenseeschiffspost » apposé à Constance sur timbres autrichiens ou « Schiffsbrief » apposée à Lindau. Jacques Bury a ensuite présenté les postes fluviales en France en commençant par une griffe de franchise de l’agence de navigation. L’estuaire de la Loire était représenté par des correspondances entre Nantes et Paimbœuf sur lesquelles était apposé le timbre à date « bateau à vapeur ». Idem pour l’estuaire de la Gironde entre Blaye et Bordeaux et pour l’estuaire de la Seine entre Le Havre et Honfleur. Etait également présentée une lettre de 1871 avec mention manuscrite « par le bateau de Bouille ». On pouvait voir aussi une marque administrative avec la mention BOR signifiant "bateaux omnibus de Rouen". Parmi les pièces présentées un « Caen / Bateau à vapeur » pour Le Havre en 1854. Le Rhône n’a pas connu de postes fluviales, si ce n’est un timbre à date touristique de facture suisse « Descente du Rhône – Brigues-Marseille » en 1908. Le conférencier présentait ensuite des documents non postaux sur le canal de Berry (marque administrative) et sur le canal du Midi. Et la présentation se terminait par des exemples de timbres à date d’écluses.
Au niveau de l’exposition présentée par les adhérents du cercle d'histoire postale, on peut admirer encore pendant la première quinzaine de janvier, une sélection de lettres sur l’occupation italienne dans les Alpes (1940-1943) ; des exprès non affranchis ou insuffisamment affranchis de Suisse ; le courrier transporté par voies d'eau intérieures en France ; des lettres de Paris pour Paris 1806-1853 ; des erreurs de postiers ; le repostage en Europe ; les timbres à date télégraphiques du Var sur documents ; une sélection de lettres étrangères remarquables par leurs illustrations ou leurs affranchissements ; des documents sur les chèques postaux ; une sélection de pièces rares ou amusantes avec des cartes maximum précurseurs d'Egypte, des taxes, des affranchissements mixtes France-Monaco, des Semeuses...
Les "entretiens du musée" (avril 2003)
Armées françaises en Espagne Le conférencier, M. Michel Coulanges, précisait d’abord le cadre du courrier militaire, rappelant que c’est à Louvois, ministre de Louis XIV, secrétaire d’état de la Guerre et surintendant général des Postes et Relais, que l’on doit la création de la Poste aux Armées en France en 1668. Il n’existe pas de texte précis et définitif pour cette création qui fut une succession de décisions prises par Louvois en fonction des circonstances - c’est à dire des guerres – dans le but essentiel de protéger le secret nécessaire aux opérations militaires. La censure militaire, en effet, n’a été créée qu’en 1914. Auparavant, les militaires qui écrivaient à leur famille – généralement pour demander de l’argent – racontaient tout ce qui se faisait. Ce qui, bien entendu, était du plus grand intérêt pour l’ennemi lorsqu’il mettait la main sur un courrier de ce type. La Poste aux Armées – comme beaucoup plus tard la Poste Navale (en 1923) – n’est qu’un département de la Poste, comme le précisait Michel Coulanges. Au cours des siècles, elle relève ou de la Ferme des Postes ou de la recette principale de la rue du Louvre à Paris. Elle est, au niveau du terrain, entre les mains des fourriers militaires qui acheminent le courrier reçu des armées vers le plus proche bureau de la poste ordinaire en France. Mais les dépêches sont traitées généralement à part et ne sont pas confondues avec les dépêches civiles. Pour permettre une identification aisée de ces correspondances, elles portent des marques postales, des timbres de franchise, des cachets d’origine… permettant de les identifier et en particulier de les taxer spécialement, soit que la franchise de port soit totale (aujourd’hui pour les troupes en opération), soit qu’elle soit partielle (cas des lettres qui ont été présentées dans le cadre de cette conférence) n’intervenant que pour la partie du parcours sur le territoire étranger. M. Coulanges présentait ensuite une trentaine de documents et de plis illustrant les opérations des armées françaises en Espagne. La première lettre datée du 11 juin 1704 « du camp devant Portalegre » (au Portugal) portait une marque manuscrite de l’armée d’Espagne. Il s’agissait de la guerre de succession d’Espagne (1701-1713) terminée par le traité d’Utrecht confirmant l’accession au trône d’Espagne de Philippe V, petit-fils de Louis XIV. La lettre émanait d’un soldat de l’armée du maréchal de Berwick entrée au Portugal le 2 juin 1704 pour combattre l’armée des coalisés (Anglais et Portugais). Le second pli daté du 18 juin 1719 « au camp de Fontarabie » portait aussi « armée d’Espagne » manuscrit. Il s’agissait de s’opposer à une conspiration contre Philippe V. La lettre présentée est la seule pièce connue à ce jour. Nous n’entrerons pas dans le détail des plis présentés ensuite. Ceux-ci portaient sur la période révolutionnaire avec des marques de l’armée des Pyrénées occidentales et de l’armée des Pyrénées orientales (les armées révolutionnaires n’occupèrent que très brièvement Figueiras et San Sebastian) ; sur les périodes consulaire et impériale avec des marques de l’armée d’observation des côtes de l’Océan et de l’armée d’observation de la Gironde, puis de la division des Pyrénées orientales, de l’armée française en Espagne (avec leurs numéros de référence) puis de l’armée de Catalogne et de l’armée du Portugal. Certaines de ces lettres portaient des entailles de purification, le typhus sévissant alors en Espagne. A cela s’ajoutaient des cursives de franchise mais aussi des marques de port payé et de déboursé, ainsi qu’une lettre autographe du maréchal Suchet écrite de « l’armée impériale d’Aragon au quartier général à Valence ». Venait ensuite la campagne menée en 1823 par le duc d’Angoulême, fils aîné de Charles X, qui, à la tête d’une armée française de 100 000 hommes, fut chargé de rétablir sur son trône le roi d’Espagne Ferdinand VII. On pouvait ainsi voir des marques « Armée d’Espagne » portant les lettres des armées ou les numéros des corps d’armées, dont une sur un bulletin de dépôt de 29 francs et une en port payé. La dernière pièce présentée ne concernait pas les armées françaises en Espagne mais la légion britannique. Après le décès de Ferdinand VII, en 1833, le titre de reine d’Espagne de sa fille Isabel est contesté par son oncle Don Carlos qui prétend au trône en invoquant la loi salique. Ce sont les guerres « carlistes » qui s’échelonnèrent sur plus de 40 ans. La France ayant cédé à l’Espagne sa Légion étrangère pour venir en aide à Isabel, l’Angleterre recruta un corps de troupe de 10 000 hommes : la legion britanica. La lettre présentée portant la marque d’entrée « Espagne / par St Jean de Luz » avait été expédiée le 8 septembre 1836 de San Sebastian pour Londres par le trésorier payeur de cette légion britannique.
Le contrôle postal italien en France 1940-1943 Claude Gérard parlait ensuite d’un sujet qui le passionne : l’occupation italienne en France en 1940-1943, axant sa communication sur le contrôle postal. Trois jours après sa déclaration de guerre à la France, soit dès le 13 juin 1940, l’Italie établissait un contrôle postal strict. La censure sera plus large et plus présente que lors de la Première Guerre mondiale. En 1914-191, cette censure est uniquement militaire et dépend du ministère des Armées. En 1940-1943, elle est politique et dépend du ministère de l’Intérieur, et ce sont les préfets qui la mettent en œuvre. Par décret du 8 juillet 1940, le gouvernement fasciste décide le regroupement de toutes les opérations de censure de la correspondance tant civile que militaire dans les commissions provinciales constituées par les préfets. Ces commissions siègent au chef-lieu de chaque province et emploient du personnel civil et militaire. Le personnel civil est constitué de fonctionnaires inscrits au parti national fasciste : enseignants, avocats, magistrats originaires de la province. Ils sont tenus au secret professionnel. Le personnel militaire est commandé par un officier supérieur nommé par le ministère de la Guerre. Il a sous ses ordres un secrétariat formé d’officiers subalternes et de soldats gradés dépendant disciplinairement du commandement militaire de la province. Les cachets de censure, dans un premier temps reprenaient le sigle minéralogique de la province concernée : IM pour Imperia. Puis à partir du 14 juillet 1942, est adopté un code alphanumérique, un numéro suivi d’une lettre : 33R correspondant à la province de Torino. Il était matériellement impossible de contrôler tout le courrier qui transitait par ces commissions, aussi le courrier réellement inspecté par les censeurs variait d’une province à l’autre. En moyenne 50 à 60 % du courrier militaire (le plus sensible) était vu, 30 % du courrier civil, la totalité du courrier pour l’étranger et du courrier des prisonniers de guerre. La correspondance officielle étant, elle, exemptée de censure. Un censeur examinait entre 150 et 200 lettres par jour, aussi devait-il savoir reconnaître le courrier « suspect » à son seul aspect extérieur. Et Claude Gérard montrait l’abcdaire du parfait censeur : un fascicule de 50 pages ; puis la classification des interdits : l’expéditeur pouvait être poursuivi s’il y avait divulgation d’informations secrètes, le courrier était saisi s’il contenait des propos pacifistes, antimilitaristes, antifascistes ou pornographiques, des passages pouvaient être biffés, le courrier pouvait être retardé s’il contenait des informations prématurées et enfin, si le courrier violait les dispositions réglementaires, il était retourné à l’expéditeur. Pour illustrer tous ces cas, Claude Gérard présentait des documents dont une carte postale expédiée par un militaire italien stationné en Corse. Celle-ci lui était revenue parce qu’elle avait été postée au bureau civil ou lieu de l’être à la poste militaire de son unité. Claude Gérard terminait son exposé par la présentation de pièces sur le fonctionnement de ces commissions plus particulièrement par rapport au courrier militaire.
Principes de base pour une thématique Pour finir, Claude Vernette faisait le rappel en les développant de quelques principes de base pour une thématique : - Pas de timbres fiscaux (sauf s’ils ont été utilisés postalement) ou alors il faut faire une thématique fiscale. - Pas de limite dans l’espace et dans le temps. - On doit faire appel à toutes les ressources philatéliques. - Il faut que les pièces présentées aient un rapport précis avec le thème étudié et qu’elles soient situées au bon endroit dans le développement. - Il faut un juste équilibre entre les ressources philatéliques et les nécessités thématiques.
Journée des dix ans du Cercle (décembre 2002)
Les dix ans du Cercle d'histoire ont été marqués samedi 14 décembre 2002 par une conférence de grande qualité de Georges Guigues sur « la correspondance pour les marins embarqués sur les bâtiments de l’état en station dans les ports étrangers 1853-1885 (stations navales, divisions navales et escadres) ».
Correspondance pour les marins embarqués sur les bâtiments de l’état en station dans les ports étrangers 1853-1885 Georges Guigues a abordé un sujet méconnu sur lequel de nombreuses découvertes restent à faire : les stations navales (bâtiments de guerre à demeure dans un port) sur une période limitée : 1853-1885. Il a ainsi pu présenter des courriers à destination de marins des bâtiments de l’état présents dans différentes mers du globe. Pour aider à comprendre les affranchissements, Georges Guigues s’appuyait sur des cartes avec les différentes voies d’acheminement du courrier, expliquant le tarif suivant les voies empruntées. Ont été ainsi étudiées les divisions navales de l’Atlantique sud (ou des mers du sud) ; de l’Océan Pacifique ; de l’Océanie ; les escadres des Antilles ; du Mexique et des Antilles ; les divisions navales de Terre-Neuve et d’Islande ; l’escadre de la mer du Nord et de la Baltique pendant la guerre de 1870 ; les divisions navales des côtes orientales d’Afrique, des côtes occidentales d’Afrique ; du Levant ; l’escadre de la Méditerranée ; la division navale des mers de Chine ; l’escadre de l’Extrême-Orient (escadre Courbet) Pour illustrer ce propos, on a pu voir une lettre adressée au mouillage de Rio de Janeiro en 1851, une autre pour la station de Valparaiso adressée « station des côtes occidentales d’Amérique » en 1853, une pour la « station navale du Brésil et de La Plata », des lettres pour la station de Valparaiso par voie de Panama ou par voie de Magellan ; des lettres pour la station de San Francisco (division navale de l’Océan Pacifique) par Overland, avec marque de transit par New York en 1876, ou par l’intermédiaire du consul de Panama ; une lettre pour la station navale de l’Océanie à Tahiti via New York et San Francisco ; une lettre pour l’escadre des Antilles, station de Fort de France au tarif militaire (+ taxe de voie de mer) ; une lettre pour la station de Vera Cruz ; une lettre pour Saint-Jean de Terre-Neuve ; des lettres pour le Gabon ou Lagos (stations de la division navale des côtes occidentales d’Afrique) ; une lettre de l’escale de Malte de l’Escadre de la Méditerranée ; des lettres des stations de Shanghai et de Saigon de la division navale des mers de Chine ainsi qu’un pli en franchise émanant de l’escadre Courbet en 1885. En ce qui concerne l’escadre de la Mer du Nord et de la Baltique qui, en 1870, verrouillait la mer Baltique, on retiendra deux plis : une lettre à bord de la frégate La Guyenne en opérations dans le Kattegat, l’autre de la frégate-cuirassé L’Invincible participant en baie d’Helgoland, entre le Danemark et la Hollande, au blocus de la flotte allemande. Le courrier était acheminé par les bâtiments de la marine chargé de ravitailler l’escadre en charbon et en vivres.
Au niveau de l’exposition organisée pour les dix ans du cercle, on a pu admirer une sélection sur l’utilisation du 25c semeuse camée bleu avec des pièces exceptionnelles (on pense notamment à la machine Fodor) ; quelques pièces insolites de Suisse ; l’histoire postale des cartes suisses ; une sélection de pièces sur l’expédition du Tonkin 1884-1904 ; des pièces rares ou amusantes sur les semeuses avec des roulettes et surtout un 75c semeuse lignée rose au type 2 sur avis de réception ; la franchise militaire italienne pendant la seconde guerre mondiale, avec des pièces envoyées du Var pendant l’occupation italienne ; une sélection de lettres ayant « du cachet » avec de magnifiques lettres décorées ou calligraphiées ; des exemples d’impossibilité ou de refus d’acheminer le courrier ; les tarifs et franchises des militaires en campagne de 1796 à 1944 ; un aperçu des tarifs postaux de France à travers quelques lettres de 1747 à 1883 et notamment un affranchissement pour un militaire avec une paire du n°1 de France ; des timbres PP de franchise de l’administration fiscale ; les affranchissements mixtes de poste aérienne France-Luxembourg 1929-1939.
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